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STOP À LA DESTRUCTION DES ÉGLISES DE FRANCE

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Depuis la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, les églises construites avant cette date appartiennent aux communes, auxquelles il revient d’en assurer l’entretien et, par conséquent, la préservation.

Pourtant, dans de très nombreuses communes, cette responsabilité n’a jamais été réellement assumée. C’est notamment le cas à Quelaines-Saint-Gault, en Mayenne, où l’église Saint-Gault n’a pas été entretenue depuis plus de vingt ans et où le maire s’obstine à vouloir la démolir au profit d’un « lieu de mémoire », qui se résume à un morceau de mur de l’édifice et à un parking.

Aujourd’hui, des milliers d’églises sont laissées à l’abandon, ce qui entraîne infiltrations, affaissements, chutes de clochers et fermeture au public.


L’absence de suivi régulier et de travaux de conservation a transformé de simples interventions préventives en chantiers colossaux, désormais jugés inabordables par les municipalités.

Cette négligence prolongée a directement conduit à la situation dramatique actuelle, dans laquelle la démolition apparaît parfois comme la seule issue, alors même qu’elle n’aurait jamais dû devenir nécessaire.


Aujourd’hui, en 2026, des dizaines de communes, particulièrement dans les zones rurales, envisagent la destruction pure et simple de leurs églises plutôt que de rechercher des solutions alternatives, au motif qu’« il coûte moins cher de démolir que de sauver ».


Si l’État ne réagit pas, nous risquons d’assister, dans les prochaines années, à une vague de « patrimonicides » sans précédent.


Dans son « Plan Églises », le président de la République annonçait en 2023 le lancement d’une grande campagne de protection au titre des monuments historiques, afin de permettre à de nombreux édifices à l’abandon d’espérer une restauration et, surtout, d’éviter leur démolition.


Or, depuis cette annonce, le nombre d’églises protégées n’a pas connu de hausse sensible, tandis que ces édifices poursuivent leur lente agonie, souvent dans l’indifférence générale.


Pourquoi est-il urgent d’agir ?


Au-delà de leur fonction religieuse, les églises sont des témoins essentiels :

- De notre histoire

- De notre culture

- De notre mémoire collective


Dans de nombreux villages, l’église constitue l’unique patrimoine architectural. La détruire revient à effacer le dernier témoin de l’identité locale.


Que l’on soit croyant ou non, la grande majorité d’entre nous est attachée à ces édifices. Il devient donc urgent d’agir pour transmettre ce patrimoine aux générations futures.


C’est la raison pour laquelle nous demandons :

L’application, sans délai et sur l’ensemble du territoire national, des dispositions permettant d’assurer l’entretien et la préservation des églises communales, ainsi que la mise en place de mesures fortes lorsque les communes manquent à leurs responsabilités.

L’interdiction de détruire les églises et les chapelles de France ou, si cette solution idéale ne peut être retenue, l’obligation pour les élus de mettre tout en œuvre afin de trouver des solutions alternatives à la démolition.


L’obligation pour les communes de faire établir un chiffrage précis des travaux d’urgence, plutôt que de s’appuyer sur des devis globaux décourageants qui conduisent à abandonner tout projet de restauration. Lorsqu’une démolition est envisagée, elles devront également produire les études structurelles permettant de la justifier. Comme le montre le cas de l’église Saint-Gault, il n’est pas acceptable d’affirmer qu’un édifice est en mauvais état sans qu’aucune étude n’ait été réalisée.


Dans les situations extrêmes, l’obligation de proposer l’édifice à la vente, dans le cadre d’un cahier des charges strict destiné à préserver son caractère architectural, plutôt que de le démolir. Même désacralisée, une église demeure un témoin de notre culture ; n’oublions pas, en outre, que la désacralisation n’est pas irréversible.


La mise en œuvre effective de la grande campagne de protection du patrimoine religieux annoncée par le président de la République dans le cadre de son « Plan Églises » de 2023, afin de sauver les édifices menacés et d’accompagner les communes dans leurs projets de restauration.


Il est grand temps de passer à l’acte, car un édifice protégé au titre des monuments historiques ne peut être détruit.

Urgences Patrimoine vient de prouver, en sauvant in extremis de la démolition une église du XIIe siècle dans les Yvelines et une chapelle du début du XIXe siècle en Ardèche, qu’il est possible de préserver le patrimoine religieux, même dans une commune disposant de peu de moyens.

À Notre-Dame-de-la-Mer (600 habitants), l’église Saint-Pierre a été sauvée de la destruction et de la désacralisation simplement en démontrant au maire que 60 000 € suffisaient pour la sécuriser immédiatement, au lieu des 600 000 € initialement annoncés pour sa restauration globale.


À Rocles (225 habitants), 30 000 € ont permis au maire de renoncer à la démolition de la chapelle Saint-Régis et d’engager une campagne de restauration, afin d’offrir un avenir à cet édifice jusqu’alors condamné.


Une fois ces travaux de mise en sécurité réalisés, les communes pourront envisager une restauration globale menée par tranches, bien plus supportable pour les finances d’une petite commune rurale.


Ce qui a été possible ici peut l’être partout.


Et si une commune refuse de restaurer l’édifice, qu’elle le vende, mais qu’elle ne le condamne pas.


Il est grand temps de se mobiliser pour dire non à l’abandon et à la destruction de notre patrimoine religieux, car une France sans clochers serait une France défigurée, amputée de son identité.

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