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STOP À LA DESTRUCTION DES ÉGLISES DE FRANCE

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Depuis la loi de séparation de l’État et de l’Église de 1905, les églises construites avant cette date appartiennent aux communes, qui ont l’obligation légale d’en assurer l’entretien et, par conséquent, leur préservation.

Pourtant, dans de très nombreuses communes, cette loi n’a jamais été réellement respectée.

Des centaines d’édifices sont laissés à l’abandon, entraînant infiltrations, affaissements, chutes de clochers et donc fermetures au public.

L’absence de suivi régulier et de travaux de conservation a transformé de simples restaurations préventives en travaux colossaux, désormais jugés inabordables par les municipalités.

Cette négligence prolongée a directement conduit à la situation dramatique actuelle, où la démolition apparaît parfois comme la seule issue, alors même qu’elle n’aurait jamais dû devenir nécessaire.

Et aujourd’hui, en 2026, des dizaines de communes, particulièrement dans les zones rurales, envisagent la destruction pure et simple de leurs églises, plutôt que de rechercher des solutions alternatives, car « il est moins cher de démolir que de sauver ». C’est le cas de la commune de Mouzillon en Loire-Atlantique, qui vient d’acter la « déconstruction » de son église, invoquant la dangerosité de sa structure et le coût prohibitif des travaux de restauration. Si, effectivement, son état structurel est dû à des malfaçons lors de sa construction, il est possible que sa restauration soit périlleuse. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé à la commune de nous communiquer les études de structure, ainsi que les devis de restauration, ce qui va être fait, car fort heureusement, certains élus font le maximum pour éviter l’inévitable.

Mais il n’y a pas qu’à Mouzillon qu’un clocher est condamné. Il en est de même à Pulligny, en Meurthe-et-Moselle, où la chapelle Notre-Dame de Pitié est aussi vouée aux pelleteuses, alors qu’aucune étude sérieuse ni aucun devis chiffré n’ont été réalisés à ce jour. Comment peut-on accepter la condamnation à mort de nos clochers sans leur donner une chance de s’inscrire dans l’avenir ?

Si des mesures fortes ne sont pas mises en place par l’État, nous risquons de voir dans les prochaines années une vague de « patrimonicides » sans précédent.

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Pourquoi est-il urgent d’agir ?

Les églises, au-delà de leur fonction religieuse, sont des témoins essentiels :

  • de notre histoire
  • de notre culture
  • de notre mémoire collective

Dans de nombreux villages, l’église est l’unique patrimoine architectural, et la détruire revient à effacer le dernier témoin de l’identité locale.

Que l’on soit croyant ou non, la grande majorité d’entre nous est attachée à ces édifices. Il devient donc urgent d’agir pour transmettre ce patrimoine aux générations futures.

C’est la raison pour laquelle nous demandons :

  1. L’application sans délai de la loi de 1905 sur l’ensemble du territoire national, ainsi que des sanctions à l’encontre des élus contrevenants. Si cette loi ne peut être appliquée, alors il faut que l’État prenne des mesures fortes.
  2. L’interdiction de détruire les églises et les chapelles de France. Si cette solution idéale n’est pas envisageable, alors il faut contraindre les élus à mettre tout en œuvre pour trouver des solutions alternatives à la démolition.
  3. L’obligation pour les communes de faire établir un chiffrage précis des travaux d’urgence, au lieu de devis globaux décourageants, qui conduisent à abandonner tout projet de restauration et, lorsqu’un projet de démolition est envisagé, de produire obligatoirement les études de structure qui justifieraient ladite démolition. Car, comme ce fut le cas pour l’église Saint-Gault, en Mayenne, pour laquelle nous avons obtenu un sursis grâce à un recours en justice, ou comme aujourd’hui à Mouzillon ou à Pulligny, dire simplement que l’édifice est en mauvais état sans qu’aucune étude n’ait été réalisée ni le moindre projet de restauration chiffré, n’est pas acceptable.

4. Dans les cas extrêmes, obligation de mise en vente de l’édifice durant une année, encadrée par un cahier des charges strict, afin de préserver son caractère architectural, plutôt que de le démolir. Car même désacralisée, une église sera toujours un témoin de notre culture, et n’oublions pas que la désacralisation n’est pas irréversible.

5. Enfin, le président Macron, lors de l’annonce de son « Plan Églises » en 2023, avait affirmé qu’il y aurait une grande campagne de classement du patrimoine religieux français afin de le sauver, permettant ainsi d’accompagner les communes dans leurs projets de restauration.

Il est donc grand temps de passer à l’acte, car une église protégée au titre des monuments historiques ne peut être détruite.

Mieux : créer un troisième degré de protection qui, lui, n’induirait pas de subvention, mais qui aurait pour seule finalité l’interdiction de démolir.

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Urgences Patrimoine vient de prouver, en sauvant in extremis de la démolition une église du XIIe siècle dans le département des Yvelines et une chapelle du début du XIXe siècle dans le département de l’Ardèche, qu’il est possible de préserver son patrimoine religieux, même pour une commune sans grands moyens.

À Notre-Dame-de-la-Mer (600 habitants), l’église Saint-Pierre a été sauvée de la destruction et de la désacralisation, simplement en démontrant au maire que 60 000 € suffisaient pour la sécuriser immédiatement, au lieu des 600 000 € annoncés initialement pour la restauration globale. Et mieux : suite à ce retournement de situation, l’église a été protégée au titre des monuments historiques et va désormais faire l’objet non pas d’une simple mise en sécurité, mais d’une restauration globale. À Rocles (225 habitants), ce sont 30 000 euros qui ont permis au maire de renoncer à la démolition de la chapelle Saint-Régis et d’engager une campagne de restauration pour offrir un avenir à l’édifice jusqu’alors condamné. Une fois ces travaux de mise en sécurité effectués, la commune pourra alors envisager la restauration globale par tranches, beaucoup plus supportable pour les finances d’une petite commune rurale.

Ce qui a été possible ici peut être possible partout.

Il est grand temps de se mobiliser pour dire non à l’abandon et à la destruction de notre patrimoine religieux, car une France sans clochers serait une France défigurée, amputée de son identité.


Attention ! Même si vous êtes fermement opposés, tout comme nous, à la démolition du patrimoine religieux, nous vous demandons de bien vouloir modérer vos commentaires envers les élus sur les réseaux, car, pour espérer sauver un édifice, nous déposons souvent des recours en justice, et les menaces, les insultes ou les messages inconvenants nuisent fortement à notre travail.

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