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N°1 : CLOS DES FÉES — Saint-Jouin-Bruneval (Seine-Maritime)

Démolition : juin 2026

Demeure emblématique du début du XXe siècle, le Clos des Fées était intimement lié à l’histoire artistique de Saint-Jouin-Bruneval et avait notamment accueilli Sarah Bernhardt. Après des années d’abandon, le projet porté par la commune était présenté comme une « réhabilitation ». Dans les faits, la majorité de l’édifice a été démolie, pour ne conserver qu’un bout de façade et quelques arcades en ciment. Un triste exemple de ces projets qui prétendent valoriser le patrimoine alors qu’ils le font disparaître.

Son avenir : logements sociaux

N°2 : ÉGLISE SAINT-MARTIN DE SERQUEUX — (Seine-Maritime)

Démolition : juin 2026

Construite à partir de 1956 par l’architecte Michel Percheron pour remplacer l’ancienne église détruite pendant la guerre, l’église Saint-Martin constituait un témoignage particulièrement original de l’architecture de la Reconstruction. Sa voûte parabolique en « fusées » céramiques utilisait une technique constructive rare et l’édifice était labellisé Architecture contemporaine remarquable par le ministère de la Culture. Fermée depuis plusieurs années, elle aura connu une longue affaire à rebondissements, entre projet de sauvegarde, référendum local, mobilisation patrimoniale et intervention de l’État, avant d’être finalement livrée aux pelleteuses en juin 2026. L’Observatoire du Patrimoine Religieux qui s’opposait à la démolition de l’édifice devait le racheter, mais a finalement renoncé.

Son avenir : extension d’un cabinet médicalà notre newsletter pour suivre nos actualités.

N°3 : HALLES DE COGNAC — (Charente)

Démolition : août 2026

Achevées en 1871, les Halles de Cognac avaient été dessinées par l’architecte municipal Justin Garlandat en s’inspirant directement des halles parisiennes de Baltard. Elles comptaient parmi les premiers marchés métalliques construits dans la région. Malgré la mobilisation exemplaire du collectif Sauvons les Halles, créé pour défendre cet élément majeur du paysage et de l’histoire du centre-ville, mais leur (soi-disant) état structurel a conduit la municipalité à retenir l’option démolition. Après plus de 150 ans d’existence, la charpente métallique a ainsi été détruite durant l’été 2026.

Leur avenir : nouvelles halles

N°4 : PAVILLON LEDOUX — Ancien hôpital Saint-Jacques de Besançon (Doubs)

Démolition : septembre 2025

Construit en pierre de taille au début des années 1930, le pavillon Ledoux, reconnaissable à son immense toiture et culminant à 27 mètres, constituait l’un des bâtiments majeurs de l’ancien hôpital Saint-Jacques. Sa disparition a suscité une forte mobilisation de la Maison de l’Architecture de Franche-Comté, qui avait lancé une pétition et dénonçait la perte d’un bâtiment remarquable ainsi qu’une forme « d’amnésie urbaine ». Malgré cette opposition des professionnels de l’architecture et du patrimoine, les pelleteuses sont entrées en action en septembre 2025.

Son avenir : libérer de l’espace pour un nouveau projet urbain

N°5 : ÎLOT DU PRESBYTÈRE — Saint-André-de-Sangonis (Hérault)

Démolition : mars 2026

Au cœur du centre ancien, l’ancien presbytère du XVIIIe siècle et l’îlot Pappas ont fait l’objet pendant plusieurs années d’une importante mobilisation locale contre leur démolition. Plusieurs solutions avaient pourtant été étudiées, dont la conservation de la structure du presbytère et de la muraille. Le projet de médiathèque a finalement entraîné la disparition du bâti ancien. L’îlot Pappas a été en grande partie détruit en 2025, mais le presbytère était toujours debout, jusqu’à ce qu’entre les deux tours des élections municipales, le maire le fasse détruire en urgence. Ironie supplémentaire : les travaux ont révélé une élévation du rempart médiéval, conduisant la DRAC à prescrire des études et des fouilles afin de le documenter avant sa destruction, ce qui n’a hélas pas empêché sa démolition.

Son avenir : Médiathèque et logements sociaux